Les enzymes et la transformation des molécules

Nos vidéos capsules • 29/09/2026 • 4 min

Lionel Muniglia travaille sur les enzymes, qui permettent de transformer les molécules en mimant des processus naturels, et depuis plus de 20 ans sur la bioraffinerie du végétal.

  • Ressources et Environnement
  • Transcription textuelle

    Je suis enseignant-chercheur à l’ENSAIA, à l’École Nationale Supérieure d’Agronomie et des Industries Alimentaires et chercheur en particulier au Laboratoire d’ingénierie des Bio-molécules, le LIBio, qui travaille sur la valorisation et la vectorisation des molécules naturelles. Au sens large, le mot clé de mes recherches, c’est « enzymes », qui permettent de transformer les molécules en mimant des processus naturels. Une enzyme, c’est une protéine naturelle et qui est un catalyseur biologique. Le rôle des catalyseurs, c’est de faire fonctionner les réactions qui permettent aux êtres vivants, aux plantes, aux animaux de fonctionner. Ce qui est intéressant avec ces enzymes, c’est que comme ce sont des molécules naturelles, elles travaillent dans des conditions douces, dans des milieux aqueux, dans de l’eau. Si vous extrayez une enzyme de ce micro-organisme ou d’un végétal, vous allez pouvoir reproduire des transformations de façon bio-mimétique. C’est-à-dire qu’on va faire la même chose que ce que fait la nature mais in vitro donc dans de l’eau, à température inférieure à 50 degrés à pression atmosphérique, on peut modifier des molécules, donc soit couper des liaisons, c’est l’approche dite de bioraffinerie. Donc on va fractionner la matière vivante et la matière végétale notamment, ou alors au contraire reformer des nouvelles liaisons et donc compléter une molécule pour lui apporter des fonctions chimiques qui pourraient améliorer ses performances. Alors l’objectif, c’est de pouvoir modifier des molécules de façon la plus propre possible, la plus compatible avec l’environnement, et de produire de nouveaux ingrédients, de nouveaux actifs à haute valeur ajoutée qui vont rendre des services à la société au niveau alimentaire, cosmétique, voire pharmaceutique. Les enzymes sont utilisées dans l’alimentation depuis que l’homme prépare des aliments. Si vous faites de la bière, vous utilisez des enzymes, pour fabriquer du pain vous utilisez des enzymes. En ce qui concerne l’innovation alimentaire, donc on va réfléchir à comment proposer les aliments de demain qui permettront de nourrir la planète. Avec l’avancée des connaissances et l’isolement des enzymes, on va ajouter volontairement maintenant les enzymes dans une préparation alimentaire pour améliorer le processus de fabrication de nos aliments. J’ai commencé il y a plus de 20 ans maintenant à travailler sur la bioraffinerie du végétal. Il faut savoir qu’encore aujourd’hui, les huiles végétales que vous consommez, qui ne sont pas de premières pressions, sont des huiles extraites avec un solvant qui est issu du pétrole et qui est extrêmement toxique pour la santé humaine, pour l’environnement, pour la planète et pour la sécurité des usines. Donc l’idée initiale, c’était d’extraire les huiles végétales sans solvants organiques, de découper les graines qui contiennent l’huile grâce à des enzymes de façon à faciliter la libération de l’huile. On a pu déposer un brevet. On a créé trois ans plus tard une entreprise qui s’appelle BIOLIE et qui était spécialisée en extraction enzymatique du végétal. Ce qui est intéressant sur ce type de recherche, c’est qu’il y a un lien direct en termes d’application avec la société et le citoyen, puisque ça permet d’avoir plus de naturalité dans les produits, des produits plus sains pour la planète et pour les utilisateurs. Le laboratoire au travers de mon projet mais aussi des autres projets est reconnu aux différentes échelles régionales, nationales et internationales et récemment, la société a intégré un grand groupe américain qui montre la pertinence à la fois de la technologie et qui complète les propositions de cette société.