Étudier les neurosciences comportementales dans l’espace
Nos vidéos capsules • 23/06/2026 • 3 min
Benoît Bolmont est enseignant-chercheur au Laboratoire Lorrain de Psychologie et Neurosciences de la dynamique des comportements (2LPN) de l’Université de Lorraine. Ses recherches portent sur l’influence des émotions, du stress et de l’anxiété sur les performances humaines, notamment l’attention, la mémoire, la prise de décision et l’activité physique. Il étudie ces mécanismes aussi bien dans des situations ordinaires, comme l’école ou le sport, que dans des environnements extrêmes, en particulier le milieu spatial. Ses travaux cherchent ainsi à mieux comprendre comment les individus s’adaptent face à des contraintes importantes et comment prévenir les effets négatifs du stress.
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Transcription textuelle
Je suis Benoît Bolmont, professeur de neurosciences comportementales au Laboratoire de psychologie et de neurosciences à l’Université de Lorraine.
Le thème de ma recherche, c’est d’étudier l’impact des émotions sur le comportement humain dans des contextes d’environnements extrêmes comme la haute altitude.
Et puis, petit à petit, ces travaux se sont étendus à d’autres contextes d’environnements extrêmes comme l’espace, où aujourd’hui, il est envisagé des voyages très lointains et de longue durée.
L’objectif, c’est d’accompagner les astronautes dans les meilleures conditions pour les sécuriser dans un voyage qui sera totalement inédit et exceptionnel.
Aujourd’hui, on considère l’émotion mais depuis les années 60, au contraire, les émotions ont été complètement occultées.
On a commencé à imaginer le fonctionnement humaincomme le développement des ordinateurs, c’est-à-dire une entrée, une sortie.
Donc on a considéré l’humain comme un être cognitif et non pas un être émotionnel.
Or, c’est une profonde erreur. Sommes-nous complètement des êtres rationnels ?
Un être humain, c’est justement le mélange de sa cognition et de son émotion, et donc de ses comportements qui vont être forcément imprégnés de l’état émotionnel dans lequel il est.
Pour ma part, je m’intéresse à deux axes. Le premier axe, c’est l’impact des émotions sur notre comportement, comportement moteur, comportement cognitif, nos prises de décision et sur un deuxième axe, la manière de mesurer les états émotionnels.
Alors à la fois des mesures d’ordre psychologique, mais également cognitives ou motrices ou physiologiques me permettent d’avoir le ressenti intérieur de la personne, de ne pas nier ses états émotionnels, éviter justement toutes sortes de tensions, de stress intérieur.
Comment mieux mesurer et mieux saisir finalement l’état interne des personnes.
On va équiper les personnes de capteurs, de capteurs physiologiques, on va utiliser différentes situations, comme par exemple des situations très neutres. On va augmenter par exemple le niveau de stress. On va augmenter le niveau de joie et on va s’intéresser à l’impact sur certains registres cognitifs.
On veut justement limiter les erreurs humaines dans certains environnements.
Avec l’Agence spatiale française, il est envisagé des voyages très lointains et de longue durée. Dans ce contexte-là, nous travaillons avec Sophie Adenot qui est l’astronaute française qui actuellement est en train de réaliser un voyage de neuf mois dans la Station spatiale internationale et donc le travail avec Sophie Adenot dans l’espace, c’est à la fois de mesurer comment ses états émotionnels vont s’exprimer dans un environnement qui est totalement nouveau, de s’intéresser à si l’expression de l’état émotionnel est modifiée ou altérée par rapport à ce que je ressens sur Terre et comment dans le futur, pour des missions beaucoup plus longues dans l’espace, comment les individus vont s’adapter.
Il y a eu beaucoup de travaux dans l’espace, mais sur la partie psychologique, sur la partie émotionnelle, c’est une première mondiale.
Je suis évidemment très fier de cette collaboration internationale sur l’idée que, finalement, cet état émotionnel dépasse largement nos frontières.
Peut-être que dans le futur ce sera une possibilité, en tout cas pour l’humain, d’aller explorer davantage.