

CP Baromètre Unys – Entreprises et recherche publique : un duo prometteur mais encore sous-exploité ?
Publication des résultats du baromètre Unys – OpinionWay
Aujourd’hui, quels sont les liens entre les entreprises et la recherche publique ? Pour mieux comprendre leur relation, le collectif Unys et OpinionWay ont sondé dirigeants d’entreprise et citoyens sur leur compréhension de la place de la recherche publique en France. Le constat est sans appel : si les dirigeants reconnaissent largement son utilité, rares sont ceux qui passent à l’action en engageant une collaboration. Une situation perçue comme un véritable handicap pour la compétitivité française par 86 % des Français interrogés.
91 % des dirigeants prêts à collaborer...
… avec la recherche publique mais seuls 24 % passent à l’action
Une grande majorité de dirigeants français (91 %) sont convaincus qu’il faut rapprocher les entreprises et la recherche publique pour renforcer la compétitivité française. Sur le papier, l’alignement est presque total. Une volonté claire, partagée, assumée. Et pourtant, dans la réalité, la collaboration n’a pas lieu.
Derrière cette quasi-unanimité se cache un chiffre qui raconte une autre histoire : seulement 24 % des entreprises ont franchi le pas de la collaboration avec un acteur de la recherche publique. Entre l’intention et l’action, le fossé est immense. « Dans cet écart se joue bien plus qu’un simple problème de coopération : c’est une partie du potentiel d’innovation français qui reste inexploité », souligne Hélène Boulanger, porte-parole d’Unys et présidente de l’Université de Lorraine.
Pourtant, les formes de collaborations sont nombreuses et peuvent s’adapter aux besoins concrets des entreprises. Les dirigeants se montrent ainsi intéressés par différentes options : 27 % envisageraient de mener un projet de recherche commun avec un laboratoire, tandis que 29 % seraient attirés par l’accès à des équipements de pointe, comme des plateformes ou des outils technologiques. Mais c’est surtout la prestation ponctuelle qui séduit : plus d’un dirigeant sur deux plébiscite ce format flexible, qui peut prendre la forme d’un test, d’une analyse, d’une expertise ciblée ou encore d’une étude technique menée par un laboratoire.
Un manque de coopération...
… qui pénalise l’économie française
Ce fossé entre les entreprises et les acteurs de la recherche interroge la société : 86 % des Français estiment que ce manque de coopération pénalise l’économie du pays dans des secteurs stratégiques. Par exemple, le domaine de la santé, cité par près d’un Français sur deux, celui lié aux enjeux de société (géopolitique, inégalités, démocratie…) pour 32 % des Français, ou encore celui des transitions écologique et énergétique, mis en avant par 29 % des personnes interrogées. « Dans un contexte géopolitique tendu, ce manque de collaboration impacte directement l’innovation ainsi que la compétitivité de la France », estime Hélène Boulanger.
Ce décalage n’est pas sans conséquence. Faute de connexions suffisantes entre recherche publique et entreprises, seule une entreprise sur deux comprend réellement ce que la recherche peut lui apporter concrètement. Pour celles qui n’ont jamais expérimenté ces partenariats, le doute l’emporte : 57 % des dirigeants peinent à en percevoir les bénéfices. Comment investir dans ce que l’on ne comprend pas ? Cette méconnaissance constitue le premier frein à l’action : 53 % des dirigeants déclarent ne pas connaître suffisamment les travaux de recherche ni les possibilités de collaboration. À ces difficultés s’ajoutent des obstacles plus opérationnels, au premier rang desquels figure la complexité des démarches administratives, mentionnée par 52 % des répondants.
Des leviers...
… pour réinventer la rencontre entre recherche et entreprises
Face à ces blocages, trois leviers apparaissent clairement prioritaires pour les dirigeants d’entreprises : simplifier les démarches administratives (69 %), mieux informer sur les types de collaboration (52 %), mais également augmenter et simplifier les aides financières dédiées à ces partenariats (52 %). Au-delà de ces mesures, c’est aussi la mise en relation des deux univers qui apparaît clé : 43 % sont favorables à la mise en place d’un interlocuteur unique pour orienter les entreprises vers les chercheurs adaptés et 40 % soutiennent qu’il faudrait créer des occasions de rencontres entre recherche académique et entreprises.
« Les difficultés exprimées par les dirigeants ne sont pas une fatalité : Unys a justement été créé pour y répondre », affirme Hélène Boulanger. « En fédérant les forces de la recherche publique en Lorraine, nous avons fait émerger une initiative unique en France, capable de simplifier, de rendre plus lisibles et d’accélérer les collaborations avec les entreprises. L’enjeu dépasse aujourd’hui notre territoire : Unys doit ouvrir la voie et démontrer qu’un autre modèle de coopération entre recherche publique et entreprises est possible partout en France », conclut-elle