Étudier les micropolluants pour renforcer la sécurité alimentaire
Nos vidéos capsules • 20/03/2026 • min
Les polluants étant de plus en plus présents dans notre environnement, Agnès Fournier et son équipe travaillent sur la qualité sanitaire vis-à-vis du risque chimique des produits animaux. Ses recherches portent plus particulièrement sur le transfert des polluants organiques persistants vers les produits animaux, afin de répondre à des enjeux de santé publique tout en accompagnant les filières d’élevage dans la continuité d’activités en terrains contaminés.
- Ressources et Environnement

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Transcription textuelle
Je suis Agnès Fournier, professeure à l’Université de Lorraine, j’effectue ma recherche au sein du Laboratoire Animal et Agroécosystèmes et plus précisément au niveau d’une équipe qui s’appelle micropolluants et résidus dans la chaîne alimentaire. Aujourd’hui, les polluants sont de plus en plus présents dans notre environnement, identifiés comme étant problématiques. Donc l’équipe micropolluants et résidus dans la chaîne alimentaire a pour objectif de travailler sur la qualité sanitaire vis-à-vis du risque chimique des produits animaux. Acquérir des données pour produire des produits sains pour la consommation humaine. Mes recherches portent sur le transfert des polluants organiques persistants vers les produits animaux. Cela passe par la compréhension et la caractérisation de l’exposition de l’animal. Savoir combien l’animal ingère de matrice contaminée, par exemple du sol, de l’eau, des végétaux. Comment le polluant est transféré au niveau de l’animal ? C’est-à-dire comment il est distribué vers les différents tissus ou vers les produits tels que le lait ou l’œuf ? Comment le produit peut être éliminé ou transformé au sein de l’animal ? Nos travaux répondent donc à un enjeu à la fois pour les filières d’élevage, à savoir fournir des données qui peuvent accompagner ces filières à continuer leurs activités en terrains contaminés et d’autre part, bien sûr, un réel enjeu de santé publique, en évitant que l’homme ne se contamine en mangeant des produits animaux contaminés. Depuis un peu plus de dix ans, nous travaillons maintenant aussi en lien avec INRAE Antilles-Guyane, sur le transfert de la chlordécone, pesticide qui a été utilisé contre le charançon du bananier qui est interdit aujourd’hui mais qui est encore rémanent dans les sols. Notre travail, ça va être d’acquérir des données pour pouvoir sécuriser les élevages en zone contaminée en trouvant des stratégies. Nous avons acquis différents résultats mis sous une forme plus conviviale d’outil d’aide à la décision, qu’on appelle OAD INSSICCA. Et cet outil consiste à prédire une durée de décontamination chez l’animal. À partir d’une simple prise de sang, on va pouvoir savoir si l’animal sera ou non conforme à l’abattoir, Aujourd’hui, si l’animal n’est pas si contaminé que ça, on peut envisager des durées de décontamination plus courtes, de n’envoyer à l’abattoir que des animaux qui sont conformes, pour l’éleveur d’éviter des pertes financières. Aujourd’hui, cet outil est utilisé par les organismes de veille sanitaire pour accompagner les éleveurs au quotidien sur le terrain. Comme nous travaillons depuis plus d’une vingtaine d’années sur cette problématique de transfert de polluants vers les produits animaux. Nous sommes reconnus sur cette thématique. Ce qui nous amène à travailler avec d’autres partenaires pour continuer sur d’autres polluants ou sur d’autres espèces animales.