Pour aller plus loin – Diversifier l’aquaculture : quand de nombreuses espèces font équipe

Nos articles signatures • 02/03/2026 • 3 min

Cette section permet d’approfondir les connaissances, de zoomer sur le chercheur et ses publications.

  • Pour aller plus loin

Points à retenir

L’aquaculture mondiale repose sur très peu d’espèces – une vingtaine assurent plus de 75 % de la production. En Europe, la tendance est à la monoculture intensive de quelques espèces comme la truite et le saumon, ce qui limite la biodiversité et sous-exploite les ressources disponibles.

Le projet vise à réintroduire et optimiser la polyculture – en combinant plusieurs espèces compatibles dans un même système, y compris dans les régions où cette pratique n’existe pas historiquement, pour mieux utiliser l’espace, les ressources et réduire les risques de compétition.

Une approche scientifique innovante mêlant observation et modélisation – l’équipe utilise l’écologie fonctionnelle et des modèles mathématiques pour prédire la compatibilité entre espèces, puis teste ces assemblages avec des producteurs sur le terrain.

Exemples de méthodologie et matériel

Les travaux combinent approche expérimentale et modélisation pour concevoir des systèmes de polyculture optimisés :

  • Assemblage d’espèces : sélection et combinaison de poissons en fonction de leurs traits fonctionnels (comportement, morphologie, cycle de vie) afin de maximiser l’utilisation des ressources tout en réduisant la compétition et la prédation.
  • Analyses in silico : utilisation de modèles mathématiques pour simuler différentes configurations et prédire les interactions entre espèces.
  • Indice de compatibilité : outil d’aide à la décision permettant de classer les combinaisons d’espèces les plus prometteuses avant expérimentation.
  • Domestication en temps réel : suivi génomique, épigénétique et phénotypique sur quatre générations de zebrafish pour observer et comprendre les processus d’adaptation à l’élevage.

Collaborations du laboratoire

Le projet s’appuie sur un réseau étendu de partenaires académiques et professionnels :

  • À l’international : partenariat avec la Bangladesh Agricultural University pour le développement de systèmes de polyculture adaptés aux contextes locaux.
  • En Europe : collaborations avec l’Université de Namur et l’Université de Liège (Belgique) sur l’écologie fonctionnelle et les expérimentations en conditions réelles.
  • En France : coopération avec l’Université de Lorraine et le laboratoire IAM (Interactions Arbres-Microorganismes) et les UMR SAS et NUMéA de l’INRAE.
  • Secteur professionnel : travail avec des filières de producteurs, notamment la Fédération aquacole du Grand Est et son équivalent wallon, ainsi qu’avec l’entreprise PolyRAS pour le développement et la mise en œuvre des scénarios de polyculture.
  • Partenaires techniques : collaboration avec le CIRAD pour le développement de modèles et outils d’aide à la décision.

Publications et engagements scientifiques

L’équipe diffuse ses résultats et interagit avec différentes communautés :

  • Congrès spécialisés : participation régulière aux événements de l’European Aquaculture Society et de la World Aquaculture Society.
  • Communauté scientifique élargie : présentations dans des colloques de biologie évolutive et d’écologie fondamentale pour partager des approches innovantes.
  • Grand public et parties prenantes : interventions lors de conférences, expositions, ateliers, ainsi que conseils auprès des filières aquacoles.

Anecdotes et actions citoyennes

Au-delà de la recherche fondamentale, l’équipe s’attache à partager ses résultats et à impliquer les acteurs de terrain comme le grand public :

  • Conseils aux parties prenantes aquacoles : accompagnement des producteurs et des filières dans le cadre de projets de recherche appliquée.
  • Partenariats stratégiques : collaboration avec l’INRAE, le CIRAD et d’autres acteurs institutionnels pour la diffusion et l’adaptation des pratiques.
  • Valorisation des résultats : développement et mise à disposition d’outils pratiques, dont Predish, un logiciel gratuit permettant aux producteurs d’évaluer le risque de prédation selon les espèces et leurs tailles.
  • Diffusion locale et nationale : organisation de conférences-débats ouvertes au grand public, expositions et ateliers participatifs sur la polyculture et l’aquaculture durable.
  • Retour direct aux filières : implication des producteurs via démonstrations, échanges et tests en conditions réelles sur leurs sites.