Comprendre la résistance aux antibiotiques pour protéger la santé globale
Nos vidéos capsules • 25/02/2026 • 2 min
Sophie Payot-Lacroix travaille sur la résistance aux antibiotiques chez les bactéries pathogènes depuis 25 ans. Ses travaux de recherche portent plus particulièrement sur la dissémination de l’antibiorésistance, c’est-à-dire la résistance bactérienne aux antibiotiques via des éléments génétiques mobiles.
- Ressources et Environnement

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Transcription textuelle
Comprendre la résistance aux antibiotiques pour protéger la santé globale
Par Sophie PAYOT-LACROIX, experte Unys
Bonjour, donc je suis Sophie Payot-Lacroix, Directrice de recherche INRAE.
Je travaille dans l’unité Dynamique des génomes et adaptation microbienne.
Je travaille sur la résistance aux antibiotiques chez les bactéries pathogènes depuis 25 ans.
Mes travaux de recherche portent sur la dissémination de l’antibiorésistance, c’est-à-dire la résistance bactérienne aux antibiotiques via des éléments génétiques mobiles.
Donc les éléments génétiques mobiles ce sont des fragments d’ADN qui sont capables de passer d’une bactérie à une autre et donc qui permettent la circulation de l’antibiorésistance entre différents écosystèmes en santé humaine, santé animale et environnement.
En France, il y a une surconsommation d’antibiotiques 30 % supérieure à la moyenne européenne.
Ça entraîne une sélection de bactéries résistantes aux antibiotiques.
Ça va compliquer le traitement des infections et donc augmenter la mortalité.
L’antibiorésistance est devenue une priorité au niveau santé publique, que ce soit en France, en Europe, voire même au niveau mondial.
Dans une population bactérienne, il y a toujours une faible proportion de bactéries qui vont pouvoir survivre et se multiplier.
Il y a plusieurs mécanismes possibles pour qu’une bactérie soit résistante, soit elle a des mutations dans son génome ou soit elle acquiert des gènes de résistance.
Si ces gènes de résistance sont portés par des éléments mobiles, ils vont pouvoir passer d’une bactérie à une autre.
On parle alors de transfert horizontal, par opposition au transfert vertical par la descendance.
Et donc ce transfert horizontal va contribuer à la dissémination de l’antibiorésistance.
Il existe différents mécanismes de transferts horizontaux.
Notre équipe s’intéresse à un mécanisme dit de “conjugaison bactérienne” qui nécessite un contact direct entre les bactéries.
On a une équipe pluridisciplinaire et on combine des approches de biochimie, de microscopie, de microbiologie, de génétique, mais également de bioinformatique.
L’objectif des recherches est de bloquer la dissémination des gènes d’antibiorésistance et de proposer des solutions qui soient durables et responsables dans différents secteurs, que ce soit dans le domaine de la santé, de l’agriculture, de l’agroalimentaire, des industries qui utilisent des désinfectants par exemple, mais également dans le secteur de l’environnement avec la gestion des eaux et le traitement des déchets.
Nous avons développé un outil bioinformatique qui s’appelle ICEscreen, qui permet de détecter ces éléments génétiques mobiles particuliers dans les génomes bactériens, qui ne sont pas détectables par d’autres méthodes bioinformatiques.
Nous lançons également un projet d’envergure sur l’antibiorésistance, qui est un projet IMPACT, qui est porté par le dispositif de l’I-SITE,
Initiative d’Excellence Lorraine et il va mobiliser douze équipes de recherche de l’Université de Lorraine et une Unité INRAE ainsi que des partenaires locaux et nationaux.
L’idée, c’est d’aborder la thématique de la dissémination de l’antibiorésistance avec une approche multi-échelle, informer le grand public sur les conséquences de la résistance bactérienne aux antibiotiques, d’apporter des solutions concrètes et applicables sur le terrain.
Forts de notre expertise de plus de 30 ans sur les éléments génétiques mobiles sur lesquels nous travaillons, nos travaux de recherche font référence dans le domaine au niveau mondial.